La double vie de Dina miller, zoe brisby
Toujours un bon filon de Kube, avec des livres sur lesquels je ne serais vraisemblablement pas tombée seule, mais qui m’inspirent et me conviennent car accessibles, immersifs, et ancrés dans des réalités historiques qu’il me reste à explorer.
Plongée cette fois dans les années 60 de la conquête spatiale, autour du programme Mercury, qui prit corps notamment à Huntsville, en Alabama, où Rocket District accueillit nombre de scientifiques allemands exfiltrés après la seconde guerre mondiale, parmi lesquels Wernher von Braun, ancien responsable de la production d’armes à Dora-Mittelbau, camp dépendant de Buchenwald.
Le texte n’est ni particulièrement subtil, ni démesurément bien écrit, mais il est efficace : divertissant, fluide, et plus profondément humain qu’il n’y paraît de prime abord, en explorant la frontière mouvante entre le bien et le mal, en interrogeant le vaste sujet de la vengeance - est-elle une punition salvatrice ou un acte de destruction personnel ? – et la possibilité de vivre avec son passé, de pardonner. Le tout dans le cadre fascinant de l’essor américain et des ambitions spatiales des États Unis en pleine guerre froide. En filigrane, une question fascinante et vertigineuse : qu’aurait été l’équilibre des forces si les dignitaires nazis avaient été accueillis par l’Union Soviétique, la France ou encore l’Angleterre plutôt que les États-Unis ?